August 28, 2011

De retour de vacances.


En Alchimie l'errance ("est rance") est tout à fait *naturelle*, et normale. L'idée est qu'elle vous permet de trouver la vérité, le travers serait de ne jamais se poser de question, de ne jamais se remettre en question, de se complaire dans ce que l'on sait, dans ce que l'on croit que l'on sait, sans jamais se défaire de sa vision, indubitablement faussée et erronnée.

Il n'est pas facile d'imaginer ou d'appréhender quelque chose qui ne nous est pas connu. Cependant, le génie réside là. L'Alchimie ou la Spiritualité vous demande de vous décentrer de votre opinion pour permettre l'éventualité qu'il en existe une autre, différente et peut être complémentaire.

Le Grand Oeuvre demande cela. Très souvent. Alors il faut en prendre l'habitude.

Les textes, les gravures, les explications de personnes plus avancées que nous seront uniquement perçues sous un seul jour, via un seul filtre, le notre. Elles seront appréhendées selon nos connaissances passées, et non pas vues avec un oeil neuf, clair, "nouveau né", sans contrôle, sans désir, sans besoin, sans savoir, sans recherche de confirmation de nos théories. C'est très difficile, c'est une voie à part entière.

Car vous pouvez voir le monde et l'Univers ainsi, et c'est ce qu'on vous demande d'ailleurs, car le Grand Oeuvre imite l'Univers, la Nature.
Combien de fois les Adeptes ont ils très charitablement divulgué ce secret, frolant parfois la rose du secret ! Lorsqu'on le voit on s'en rend bien compte. On leur doit beaucoup, car on voit bien qu'ils sont pour quelque chose dans notre avancées dans le Grand Oeuvre. Rien que cela nous fait sentir proche d'eux. De ces grands êtres, si humbles parfois qu'ils n'ont pas signé leurs ouvrages, leurs sculptures ... leurs vitraux. Laissant à la postérité, au temps, aux générations suivantes d'Alchimistes, le soin de découvrir leur travail, leur méthode, leur enseignement publique, publique et dans le monde. Sous couvert de "culturel", l'enseignement naturel est étalé là, sous nos yeux qui percent ainsi le temps, l'espace, les cultures et les époques, plongeant dans un monde étonnant et merveilleux, celui de la transmition d'Alchimistes à Alchimistes de ces secrets, et ce, depuis des siècles et des siècles.

Loin de toute chimie, de toute physique, nous avons la chance de percevoir avec un oeil romantique ce processus Alchimique. Comme le savoir tue tout le charme, autant ne rien savoir et apprécier la splendeur pour ce qu'elle est : un mouvement du vide dans le vide. Plus on est vide de savoir, plus on en apprécie la juste profondeur, le non sens et son absence réelle de valeur. Le Grand Oeuvre n'a la valeur qu'on lui porte après tout.

Je passe maintenant à une autre phase dans mon travail Alchimique : celui du touriste.


Lorsqu'on commence à avoir un "trousseau de clefs" et qu'on commence à avoir parcourru (très humblement) quelques pas dans le labyrinthe hermétique, que la fontaine fut entrevue, que le fil d'Ariane est en main et qu'on le suit doucement, alors on peut se permettre, sans attente, juste avec un esprit d'enchantement et de découverte, - de touriste - ai je mentionné plus haut, d'aller voir les vitraux, scultpures, miséricordes, livres, gravures, peintures, tous ces "lieux" magiques, traitant de cet Art magique. Notre Art passe par l'Art. C'est un fait.

La monomanie nous gagne alors, tout devient Alchimie, tout se dévoile, tout est Nature ! l'Alchimie est l'imitation de la Nature et l'Art qui le véhicule dans le monde culturel des hommes. Nous pourrions dire que si la culture humaine était une plante, l'Art qui véhicule les vérités eternelles en sont les fruits les plus murs, les plus évolués. Comme n'importe quels fruits, ils tombent en désuétude et pourrissent dans l'esprit des hommes un jour ou l'autre. Pour mieux germer plus tard, lorsque le compost est favorable. Cette immuabilité peut être décevante, déconcertante parfois, elle est ainsi. Une nécessaire nécessité !

Bien que l'Alchimie puisse mener le pratiquant à une métachimie (et ne pas dire méta-physique), cela n'est pas le but. Découvrir que certains produits font putréfier l'or ou le décomposent en ses principes ou que la fusion nucléaire à froid se fait d'une déconcertante manière "en deux trois mouvements", ne sont que des curiosités. Ce n'est pas ce que nous cherchons. Qui sait ce que ces applications pourraient provoquer au niveau mondial ? Une humanité avide de pouvoir, d'argent, de suprématie militaire et économique n'en tirerait rien de bon de toute manière, alors autant dire que cela n'a aucun intérêt, si ce n'est d'ouvrir les yeux de l'Alchimiste sur la maléabilité, la plasticité du monde qui l'entoure et qui le compose aussi.

Si les anciens ne traitaient pas de cela dans leurs ouvrages Hermétiques, ou vian'importe quel autre support de connaissance, c'est que l'essentiel ne se trouve pas là. Il ne s'y trouvera d'ailleurs jamais.

Il faut abandonner les fantaisies pour le "real deal", avec une approche Wise Wild et Wide (sage, sauvage et vaste/ouverte).

Toute la "spiritualité" (concept qui n'existe plus pour moi - tout simplement parce que la Nature est la spiritualité ne sont qu'une seule et unique chose, "si tu veux l'eveil, fait la vaisselle" dit le proverbe Zen) peut être approchée de cette manière, avec le "philosophical WWW".

August 10, 2011

ELIXIR DE VIE : L’élixir de vie n’est autre chose, selon le Trévisan, que la réduction de la pierre philosophale en eau mercurielle ; on l’appelle aussi or potable. Il guérit toutes sortes de maladies et prolonge la vie bien au-delà des bornes ordinaires. L’élixir parfait au rouge change le cuivre, le plomb, le fer et tous les métaux en or plus pur que celui des mines. L’élixir parfait au blanc, qu’on appelle encore huile de talc, change tous les métaux en argent très fin.

Voici la recette d’un autre élixir de vie. Pour faire cet élixir, prenez huit livres de suc mercuriel ; deux livres de suc de bourrache, tiges et feuilles ; douze livres de miel de Narbonne ou autre, le meilleur du pays ; mettez le tout à bouillir ensemble un bouillon pour l’écumer ; passez-le par la chausse à hypocras et clarifiez-le. Mettez à part infuser, pendant vingt-quatre heures, quatre onces de racine de gentiane coupée par tranche dans trois chopines de vin blanc, sur des cendres chaudes, agitant de temps en temps ; vous passerez ce vin dans un linge sans l’exprimer ; mettez cette colature dans lesdits sucs avec le miel, faisant bouillir doucement le tout et cuire en consistance de sirop ; vous le ferez rafraîchir dans une terrine vernissée, ensuite le déposerez dans des bouteilles que vous conserverez en un lieu tempéré, pour vous en servir, en en prenant tous les matins une cuillerée.

Ce sirop prolonge la vie, rétablit la santé contre toutes sortes de maladies, même la goutte, dissipe la chaleur des entrailles ; et quand il ne resterait dans le corps qu’un petit morceau de poumon et que le reste serait gâté, il maintiendrait le bon et rétablirait le mauvais ; il guérit les douleurs d’estomac, la sciatique, les vertiges, la migraine et généralement les douleurs internes.

Ce secret a été donné par un pauvre paysan de Calabre à celui qui fut nommé par Charles-Quint pour général de cette armée navale qu’il envoya en Barbarie. Le bonhomme était âgé de cent trente-deux ans, à ce qu’il assura à ce général, lequel était allé loger chez lui, et, le voyant d’un si grand âge, s’était informé de sa manière de vivre et de celle de plusieurs de ses voisins, qui étaient presque tous âgés comme lui.

On conte qu’un médecin charlatan apporta un jour à l’empereur de la Chine Li-kon-pan un élixir merveilleux et l’exhorta à le boire, en lui promettant que ce breuvage le rendrait immortel. Un ministre qui était présent, ayant tenté inutilement de désabuser le souverain, prit la coupe et but la liqueur. Li-kon-pan, irrité de cette hardiesse, condamna à mort le mandarin, qui lui dit d’un air tranquille : « Si ce breuvage donne l’immortalité, vous ferez de vains efforts pour me faire mourir ; et s’il ne la donne pas, auriez-vous l’injustice de me faire mourir pour un si frivole larcin ? » Ce discours calma l’empereur, qui loua la sagesse et la prudence de son ministre.

Dictionnaire infernal Par Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy