March 11, 2015

Les couleurs du temps.

L'imagerie populaire semble penser que l'Alchimiste est une personne perdue dans ses pensées de manière continuelle, penchée sur ses livres, ses cornues, assise autour d'un fatras de choses bizarres et sales. Il est associable, puant, sale, le regard vague, les yeux injectés de sang par la fatigue, les ongles longs et noirs et les habits négligés. Il est aussi peut être nécromancien, ou sorcier... Sans compter le fait que le lieu où il travaille sent l'urine à plein nez. Si ce n'est pas autre chose... ragoûtant. 

"- Dis donc Raoul, il est où le caput d'urine ?"
"- Suis les mouches !"

Déjà cette image était véhiculée très tôt par certains peintres, dans des gravures. L'aspect chimérique de tout ceci n'a rien fait pour aider à embellir l'aspect, ou l'image des alchimistes de part les siècles. L'image de la voie sèche au charbon serait plutôt un gaillard plein de suie sur lui, transpirant, mais plein d'énergie. Tout l'intérêt est porté sur son fourneau ronflant, sur les couleurs des creusets dans la moufle. Celui de la voie humide, un petit athanor, chauffant sans rien demander à personne, dans un petit coin d'un bureau. L'Alchimiste aillant une allure tout à fait normale, relaxée le plus souvent, et s'il s'agit d'une coction longue, et bien ... il n'est tout simplement pas là, il vaque. De temps en temps, il jette un oeil à sa fiole. Fait un petit "hmmm", et puis patiente quelques mois de plus sans soucis. 

Vous l'aurez compris, l'image d'Epinal, ne nous fera pas "gober" que ça chauffe mieux avec de la crasse et des livres déchirés de partout (même si à un moment on les déchire, mais c'est une autre histoire).

Le parcours alchimique d'un opérant peut varier. Il peut travailler dur à certains moments, puis à cause de sa vie profane, devoir laisser tomber la "chauffe" ou la "coction", pour devoir se consacrer à tout autre choses. Parfois il semble qu'il ne travaille plus au Laboratoire. C'est normal, le Laboratoire travaille par lui même tout seul, en pilote automatique. 

Je suis pour ma part, loin de penser, ou mieux, de faire ce que Eugène Canseliet disait de l'Alchimiste seul, ennuyé devant son Athanor, attendant que le temps passa, tout en se masturbant... se masturber à coté de son Athanor ? Jamais vu ça ! Prier oui, l'onanisme, non. Il n'y a pas de "playmate Pleine Lune de Mai", "rosée de printemps", ou autre. Bref ! Et n'allez pas imaginer que les termes ici choisis soient de nature à connotations.

Parfois la Science d'Hermès a du mal à tenir face aux impératifs et aux nécessité de notre monde. Parfois aussi nous en avons simplement ras le bol, ras la tête de maure, plein le creuset, et puis, la flamme ne brûle plus toujours aussi fort dans l'athanor de notre coeur. Bref, nous avons besoin d'air, un peu de vacances, de voir autre chose, et c'est bien légitime. Ces "breaks" peuvent durer des jours, des semaines, des mois, parfois un an ou deux. Nous ne sommes pas dans l'énergie du labo, et nous ne souhaitons pas nous y investir à 100%, ou encore y investir, temps, argent, énergie, etc, totalement. 
Ainsi, nous pouvons très bien travailler qualitativement, longuement au laboratoire, mais qualitativement, c'est à dire, en investissement, qu'à 50%. Je pense sincèrement qu'il y a des cycles dans notre travail de Laboratoire. Que l'on ne peut, physiquement, psychologiquement, monétairement, ou temporellement, s'investir totalement. je crois même que ce n'est pas sain. Du tout. A certains moments, comme au printemps, il y a un regain d'énergie, d'intérêts, et de nouveaux projets éclosent. Puis une accalmie avec une période de travail, d'études, de tests. Finalement, une fois le cycle achevé, avec son lot de réussites, et "d'échecs", une pause peut se faire jour. Peut être bien une pause intégrative. 

Non, l'Alchimiste ne reste pas, immuablement penché sur son fourneau, sa cornue, évidement, fondre un métal ce n'est pas la même chose... Il faut être là car il y a du travail, beaucoup plus d'énergies à injecter dans le processus. Faire une distillation, c'est 15 minutes de travail, et le reste ... ça chauffe tout seul, nous n'avons pas toujours besoin d'être là, à regarder chaque goutte tomber, au mieux, on règle le feu, on ajuste la tête de maure, on change ou on vide le récipient lorsqu'il le faut, mais cela ne prend pas 100% de notre temps ou de notre attention. Au mieux sur 5 heures de distillation je suis présent 30 minutes. J'ai "l'oeil" pour savoir, selon la température, quant le récipient sera à changer selon l'appareil de distillation, quand il faudra hausser le feu. Ce sont des coups de mains, d'évaluations automatiquement mises en places. Il a fallu que j'y réfléchisse pour me dire qu'en effet, j'avais cette capacité maintenant. 

"Voilà ! C'est reparti pour trois heures, je vais pouvoir finir ma partie d'échecs en ligne".

Mais cela, ça ne se fait qu'avec de la pratique, de la patience, du temps. Des petits pas qui mènent doucement sur le chemin de l'Alchimie.

Je ne pense pas qu'il faille se forcer à avoir une pratique régulière. Ce n'est pas une chose que l'on force. Cela vient naturellement. C'est un peu comme l'amour. Les pauses sont nécessaires aussi. Il ne faut pas se "frapper" si nous regrettons de ne pas pouvoir, de ne plus vouloir travailler au labo. Sous le ciel, il est dit, qu'il est un temps pour tout. Pour travailler, pour se reposer, pour profiter des fruits de ses labeurs. (Amen +)

Mes chers amis, je vous souhaite, soit de bonnes vacances du Labo, soit une bonne pratique. Dans les deux, cas, amusez vous bien !

January 30, 2015

Le Coeur Sacré du Christ


Le Coeur Sacré du Christ, ici sous la forme de Jésus, est un centre énergétique puissant, situé au niveau du thymus, au centre de la poitrine. Il est lié à l'émotion Divine (et au feu de cette émotion, de la béatitude, de la compassion infinie, de la tendresse envers toutes les formes vivantes). Il ne faut pas le confondre avec Anahata ou Hridaya Chakra (Le Hrit Padma Chakra). Il est un centre lié au Soleil du Premier Monde Supérieur selon mon expérience.

Il se situe bien au dessus du centre Anahata et il en est l'octave supérieure. Il se travaille de diverse manière mais la plus belle façon de l'ouvrir est par la réception de la Grâce. Il pourra s'ouvrir petit à petit. La personnalité se mettra alors à changer et d'égoiste, de cœur asséché, ou agnostique, la personne sera touchée par la Foi, la bonté, le partage, l'amour chaud et rayonnant. 
La ferveur, la mystique, la dévotion, la profonde humilité et la foi sont lié à ce chakra, mais aussi un feu émotionnel qui pourra brûler la poitrine du dévot. Padre Pio était si chaud qu'on ne pouvait le toucher par exemple. D'autres saints encore plongeaient dans les puits des monastères pour se refroidir le cœur ... 

Il y a là un Granthi, un noeud en sanscrit. C'est à dire que le centre reste dormant tant que le nœud n'a pas été usé par une pratique de compassion envers une forme de vie.

Bien au delà de la religion Chrétienne ou Catholique, ou de toute forme de Dogme, l'expérience mystique en est purement spirituelle. Jésus ou Marie n'en étant que les représentant culturels les plus communs. 

Cependant, on retrouvera exactement la même représentation et connotation mystique chez le Dieu mi homme mi Singe Hanuman, puissance de dévotion, force mystique incommensurable donnée par son Coeur Sacré.


Alchimiquement parlant nous nous trouvons ici dans une élévation, une sublimation. Ce Coeur mystique est lié à un feu, une vie secrète, et donc une force.
Il est situé dans la partie aérienne de l'être, soit la poitrine. Nous pouvons donc relier ce centre au Feu Secret par exemple à notre Rosée (Force) Philosophique.

Qui, si ce n'est le Feu Secret, donne sa vie, qui est en lui, pour la rédemption du soufre (âme) et du sel (corps) ? Ce Feu, c'est notre Mercure. Mais Mercure purifié, animé, exalté, et déversé et mêlé sur la matière vile, pour son salut.

Ce salut, cette évolution, cette exaltation de la matière passera alors par la coction. Pour transmuter alors le soufre cru en soufre cuit, égal au "Christ" ou ) la Force Parfaite, Mure, rayonnante de Lumière Divine.

Ainsi, nous comprenons que la compassion appelle la force du Feu Divin en nous, et ce dernier participe activement à notre évolution spirituelle.

December 03, 2014

Nature and role of blood in Alchemy.

Recently on facebook one of the topic on my wall was about blood, and there was way too much to say about it, for the answer to fit in a simple post, it is a profound subject that needs an article, not an elusive and quick answer. 

Some think that this subject is part of legends and myths and that we should stop watching tv shows and films, that blood is an analogy for other matters (mineral one especially). I won't deny the fact that blood is often used as an anlogy, but also as the principal subject, minera, patient of the Alchemical Magnum Opus.

As all matter, (whatever could say the only-mineral-alchemy persons, thinking that only sulfur, mercury and salt exists exclusively in metallic subjects), it can evolve in favorable conditions.

Sigismund Bacstrom tells us in his "Rosicrucian Aphorisms and Process" that it is "the Operis maximi Antiquorum Sapientium" or hear, the greatest operation of the antique wisdom. Without ambages he is informing us about the principal subject : the blood of a young man.

Seal of the Rosicrucian Society, from the admission copy of the Dr.Bacstrom. 
You see clearly the "source" of the matter.

I won't give all the details of the text, stressing only on the protocol (seemingly at first sight perfectly clear and complete, but it is in reality incomplete) which is given. Actually, it is not the most interesting that is hiden,  but only a very common key (for that perdio of time). He was quite charitable with us. A lot of other books and resources speak about the work on blood. A complete artist had to work at that time on all kingdoms. I also read some processes about volatile salts of human skulls... There was no limits to their visions and experiences.

The occult role of blood in huge. Obviously we hear about it stories of vampires, where it is considered as fluid of life, in shamanism, in psychogenealogy where it is playing the role of memory bank of the ancestors, in magick, where it is a vital charge/force/energy for the realisation of an objective - some will even qualify this, as "red magick", even though  often, it is dipped in "black", a drop of blood can rise the capacity of charge of a tincture in an incredible way, exactly as gold. We also can see blood as a personnal "signature", as would do a drop of saliva, sweat, etc. It is thus, a kind of  "gold". 

So, we saw that it is a fluid of life force, memoiry, capacitor of force and a signature. We can understand now that the Stone made out fo blood is a maximization of the vital fluid in in. Rising, exalating the quality of blood, having cooked it and perfected, cleaned, we then can ingest it and we are transmuted.

This is why you have to take your blood, and not as indicated in Bacstrom's text, the one of a young men ...  Not because of the vitale force, pretext to take the one of a healthy young men, but more because of the fact that your personnal, familial, and human karma is present in it.

Cooking his own blood into a Stone, it is perfecting yourself, evolving in a quicker way.

But you have to know that the process is very hard psychically to undertake, alike any animal ways, and you have to be a good magus/mystic to avoid all the pitfalls of such work. It is said that you need a Mineral Stone befaore, or even an Astral Stone (dew, rain, snow etc). 

We see in vampires film, alike the new "Dracula Untold" (2014), that blood confers the initiation of that state. What happens ? TheVampire will give to drinnk his own blood to one of his "kid", this one is temporarily "transmuted" (retrograded would I say - involutive transmutation). He has then the symptoms of the vampire. If ever he drinks human blood, his destiny is sealed, he remains a vampire.

We have the same thing in the Christian religion. Christ's blood is transmutative. Analogically of the Powder of Transmutation, but here in the human and spiritual area.

Jean Dubuis in one of his documents on the Graal tells us this : 

"In the initiatory path, that is to say, in the rising levels of consciousness, changes occur in both the psyche and the physic of the adept. In particular, blood properties change. It says in the Bible that "the Spirit is in the blood." The word Spirit is not to be confused with the word soul. In ancient chemical and alchemical texts, the passage in the distillation of spirits is the passage of the Philosophical Mercury. This Spirit endows the blood of a high regenerative power that opens the centers corresponding to high levels. This blood acquires alchemical powers proportionated to the level reached by the adept.
In the case of the adept at Tiphereth, blood acquires the properties of seed of gold. The dried blood powder transmutes copper, mercury, silver into gold; However, tin, iron and lead are not accessible to him. This powder rises all beings who consume it,and that are already on the path, at Tiphereth."

Farther we read : 

"The symbolism in the Communion of the catholic Church is an occultation of the possibility of redeeming of men through the transmuted blood.

A depth study of this question leads us to the following conclusions : the dried powder of blood of an adept can realize a transmutation, even in the hands of a novice person, only very few basic knowledges are enough. But, we believe that the awakening of the adept can only be done via his own blood."

This is very interesting. The blood of a adept is so transformed that it's own nature even change. It is possible that it is no more "iron" in the hematias, but possibly a "gold". It is then, down to the center of production of blood in the red marrow and  spleen that the transmutation operates and is the most present.

Alchimists also do this with the Cosmic Blood, or Spiritus Mundi. But it is here another subject. Which comes normaly after the Stone of Blood. (Alike the steps of a stair, if we want to go from an extreme to another, we need mediums between the two).

Yogis too transmute their bodies by a kind of internal alchemy. The Christic Force is said residing in Ajna, and going down into the most subtles bodies at first, then, condensing itself physically as a warm nectar with a subtle taste. Some call it Rasa, some Soma. Depending of their definition. It is when the whole body is charged, impregnated of this fluid that the yogi becomes a "christ yogi" as state the definition of the Kriya yogis (Paramahamsa Yogananda for example). Do not mistake "Christ" with "Jésus". Jésus became Christ, yes, but any kind of human can be Christ, because this spiritual state is universal, and not localied in only one kind of matter/men. It is fore, and foremost, an energy.

November 29, 2014

Colorisations

Eleazar Abraham - "R. Abrahami Eleazaris uraltes chymisches Werk, welches ehedessen von dem Autore theils in lateinischer und arabischer".

 (1760) .pdf 122.0 MB

Vous trouverez le livre ici (via esoshare sur facebook)/You'll find the book here :



Essais de colorisation. J'ai tenté de rester dans l'esprit de l'époque ... pas trop de couleurs, peu de nuances. J'ai aussi tenté de respecter les couleurs des personnages et éléments divers, en fonction de leur représentation Alchimique.






November 19, 2014

La Nature et le rôle du Sang en Alchimie.

Récemment sur facebook un des sujets sur ma page a été le sang, et il y aurait eu trop à dire pour cela tienne en une réponse évasive et rapide. 

Certains pensent que ce sujet fait plutôt parti des mythes et légendes, et qu'il faut cesser de regarder des séries tv, que le sang en tant que tel est une analogie pour d'autres matières. Je ne renierai pas le fait que le sang est utilisé bien des fois en tant qu'analogie, mais parfois aussi en tant que sujet principal, minière, et patient dans l'Oeuvre Alchimique. Comme toute matière, n'en déplaise aux férus de l'Alchimie exclusivement minérale, pensant que seul le soufre, le mercure et le sel existent dans les sujets métalliques, elle peut évoluer dans des conditions qui sont propices.

Sigismund Bacstrom nous dit dans ses "Rosicrucian Aphorisms and Process" que c'est "l'Operis maximi Antiquorum Sapientium" ou entendez, la plus grande opération de la sagesse antique. Sans détour il nous informe que le sujet principal est le sang d'un jeune homme.

Sceau de la société des rosicruciens, tiré de la copie 
d'admission du docteur Bacstrom de la société Rose Croix.

Je passerai les détails de ce texte, ne m'attardant pas sur le protocole (semblant parfaitement clair et complet, mais qui est incomplet) qui y est donné. En réalité ce n'est pas le plus intéressant qui est caché, mais seulement une clef assez commune (pour l'époque). Il a donc été assez charitable avec nous. Il existe bien d'autres livres et sources qui parlent de travail sur le sang. Un artiste complet se devait à l'époque travailler sur tous les règnes. Nous avons aussi déjà lu des procédés concernant des sels de crâne humain par exemple. Il n'y avait pas de limites à leur vision et à leurs expériences.

Le rôle occulte du sang est majeur. Evidemment nous en entendons parler dans les récits de vampires, où il est vu comme fluide de vie, dans le shamanisme voire la psychogénéalogie où il fait office de mémoire des ancêtres, en magie, où il sert de force vitale/charge pour la réalisation d'un objectif - certains vont même qualifier cela de magie 'rouge', bien que souvent cela trempe dans le "noir", une goutte dans sang peut augmenter la capacité de charge d'une teinture de manière incroyable, tout comparativement à l'or qui fait le même office. Nous avons aussi le sang en tant que "signature" personnelle, comme le ferait aussi bien une goutte de salive, de sueur, etc. Il est un "or" donc. 

Ainsi, nous avons vu qu'il est fluide de vie/force vitale, mémoire, d'accumulateur de force et signature. Nous comprenons alors que la Pierre faites par le sang est une maximisation du fluide de vital qui y est contenu. Augmentant la qualité du sang, l'ayant cuit et parfait, nettoyé et exalté, nous l'ingérons alors et nous nous transmutons alors.

C'est en cela qu'il faut prendre votre sang, et non comme indiqué dans le récit de Bacstrom, celui d'un jeune homme ...  Non à cause de la force vitale présente, prétexte à prendre celui d'un jeune homme sain, mais plutôt à cause du fait que tout votre karma personnel et familial humain même dirais je, s'y trouve.

Cuire son sang en une Pierre c'est se parfaire soi même, grandir, évoluer de manière accélérée. 

Cependant voilà, le processus est très dur psychiquement à supporter, comme toute voie animale, et il faut être un bon mage/mystique pour passer les affres d'une telle coction. Il est dit qu'il faut avoir une Pierre Minérale avant voire Astrale.

Nous voyons dans les films de vampires, comme le tout récent Dracula Untold (2014), que le sang est initiateur de cet état. Que se passe t'il ? Le Vampire va donner à boire son propre sang à un "rejeton", ce dernier est alors temporairement "transmuté" (rétrogradé dirais je même). Il  a alors les symptômes du vampire. S'il se nourrit de la force vitale humaine il scelle son sort.

Nous avons la même chose dans la religion Chrétienne. Le Sang du Christ est transmutateur. Analogique de la Pierre de Transmutation, mais dans le domaine humain et spirituel.

Jean Dubuis dans un de ces documents sur le Graal nous dit ceci : 

"Dans le sentier initiatique, c'est-à-dire dans la remontée des niveaux de conscience, les modifications se produisent à la fois dans le psychisme et dans le physique de l'adepte. En particulier, les propriétés du sang changent. Il est dit dans la Bible que “l'Esprit est dans le sang”. Le mot Esprit ne doit pas être confondu avec le mot Ame. Dans les anciens textes chimiques et alchimiques, le passage des esprits dans la distillation est le passage du Mercure philosophique. Cet Esprit dote le sang d'un pouvoir régénérateur élevé qui ouvre les centres correspondant à des niveaux élevés. Ce sang acquiert des pouvoirs alchimiques proportionnés au niveau atteint par l'adepte. Dans le cas de l'adepte au niveau de Tiphereth, le sang acquiert les propriétés de la semence de l'or. La poudre de ce sang séché transmute les métaux cuivre, mercure, argent en or ; cependant l'étain, le fer et le plomb ne lui sont pas accessibles. Cette même poudre élève au niveau de Tiphereth tous les êtres déjà sur le Chemin qui la consomment."

Plus loin : 

"Le symbolisme contenu dans la Communion de l'Eglise catholique est une occultation de la
possibilité de rachat de l'homme par le sang transmuté.

Une étude approfondie de cette question nous a conduit aux conclusions suivantes : la poudre de sang séché d'un adepte peut réaliser une transmutation, même dans des mains inexpertes, quelques connaissances élémentaires étant suffisantes. Par contre, nous pensons que l'éveil de l'adepte ne peut se faire qu'au moyen de son propre sang."

Voilà qui est très intéressant. Le sang de l'Adepte se transforme tellement que sa nature même change. Il est possible que ce ne soit plus du "fer" qui soit dans les hématies, mais possiblement un "or". C'est donc jusque dans les centres de production de l'hémoglobine dans la moelle et dans la rate que la transmutation sera la plus présente.

Les Alchimistes font cela aussi avec le Sang Cosmique ou Spiritus Mundi. Mais c'est là un autre sujet. Qui vient normalement après la Pierre de Sang. (Comme pour les marches d'un escalier, si nous souhaitons passer d'un extrême à l'autre, nous devons passer par des mediums).

Les Yogis eux aussi transmutent leur corps par une sorte d'Alchimie interne. La Force Christique est dit résider en Ajna, et descendre dans un premier temps dans les corps subtils, puis, se condenser réellement physiquement comme un nectar chaud et au goût subtil. Certain l'appelle Rasa, d'autres Soma selon la définition. C'est lorsque tout le corps est "chargé", imprégné de ce fluide qu'il devient alors à son tour, un "Yogi Christ" comme l'appellation du Kriya Yoga le dénomme. A ne pas confondre Christ avec "Jésus". Jésus est devenu Christ, certes, mais tout humain peut devenir Christ, car cet état spirituel est universel et non pas localisé en un seul homme/matière. 

October 31, 2014

La Part oubliée d'Halloween.

Encore une année qui prend fin, car évidement vous le savez, pour les Celtes, la fin du cycle se fait à ce moment précis de leur calendrier.

Nous avons vu les fruits rougir, et nous voyons les feuilles tomber, nous présentons alors l'arrivée de l'hiver et de son régime Saturnien.

C'est maintenant le moment de célébrer, de se remémorer nos (plus ou moins) chers défunts. Nous déposons des fleurs, nous nettoyons les tombes. Si nous ne pouvons nous y rendre, nous aurons une petite pensé ou un nous ferons un petit autel, un sanctuaire, avec quelques fleurs, une bougie, leurs photos. 
Pour les plus doués d'entre nous, nous aurons accès à leur âme dans l'autre monde et nous pourrons converser avec eux. Nous accédons alors à la part réellement occulte de cette fête de Samhain. La "mort" est une transition, c'est tout.

Cependant, en me "branchant" sur l'esprit d'Halloween, il m'est venu une chose : trop souvent nous oublions une part dans cette "fête".

Cette part si souvent mise de côté, occultée, ou déniée, est une part de nous même, interne, qui "n'est plus".
Qu'en est il de ce "nous" passé qui avait des rêves et des ambitions d'enfant ? De cet état d'esprit innocent ? De ce mal-être adolescent et de toutes les railleries auxquelles nous avons dû faire face ? Qu'en est il de nos premières expériences importantes ? Au final, comment ce "nous" à participé à nous construire tel que nous sommes maintenant ? Nous avons appris à nous connaître, nous construire, à apprendre de nos limites et à ouvrir notre esprit. C'est une grande rétrospective que je vous propose ici.

Mais il n'y a pas que ce "nous" passé auquel nous devons apporter un peu d'attention, il y a aussi toutes ces choses, personnes, lieux, souvenirs, etc, qui sont maintenant passées, et que nous avons connu.
Remémorons nous ces bons souvenirs que nous avons eu dans notre enfance, adolescence, par exemple. Mais aussi les "mauvais". Les expériences douloureuses. Tous ces souvenirs de jeux, sorties, amusements avec nos amis ou en classe. Souvenons nous de toute notre scolarité.
Rappelons nous aussi ces petits êtres qui ont comptés pour nous et qui nous ont apportés pour beaucoup d'entre nous, la première expérience de la mort et du deuil je veux parler de ces poissons rouges, cette tortue, ces canaris, ces chats, ces chiens que nous avons un jour choyés et aimés, avec qui nous avons joués et qui ont transités d'une façon plus ou moins agréable pour eux et pour nous. Le mystère de la mort peut être plus cruel par la question sans réponse qu'il pose à un enfant que par le manque qu'il va lui engendrer. Car un poisson rouge, ça se remplace.

Qu'en est il de ces paysages de votre enfance qui sont maintenant peut être bouleversés. Pour ma part je me souviens de ces champs où j'allais le soir regarder les lapins, cueillir des champignons, et me promener ou jouer. Ils sont maintenant remplis de maisons modernes. Ce beau pommier qui trônait humblement dans le champ a été coupé, remplacé par un stérile parasol. 

En faisant cela, peut être un peu de vague à l'âme se fera sentir. De la tristesse ou de la joie. Si vous êtes toujours touché par certains souvenirs, c'est que ce n'est pas "digéré".

Samhain nous propose de mettre en terre tout cela. D'en faire le deuil, de vivre sans, ou faire "avec". Il est tellement important d'avoir le "corps" de la personne défunte mise en terre et d'avoir fait un rituel d'adieux pour les familles qui ont perdu un proche, que l'on fait tout pour retrouver même des petits restes de corps après de graves accidents d'avions par exemple. Pourquoi ? Car le corps est sacré, il est mit dans une terre sacrée. Inhumé dans le respect et dans l'amour. Tant pour lui que pour nous, c'est important. Je vous propose donc de donner "corps" à ce que vous n'avez pas guéri en vous même. Ce à quoi vous n'avez pas fait le deuil.

Certains petits rituels psycho-magiques permettent symboliquement de se détacher de tout cela. Cependant, il faut donner un "poids". Il faut faire les choses bien. Trouvez un lieu qui vous semble sacré. Dans la nature, dans votre jardin, quelque part où vous pourrez déposer votre petit cercueil en carton ou en bois dans le sol en toute confiance (élément terre). Ceci peut aussi se faire dans la mer (élément eau). Pour l'air et le feu, les deux sont liés : crémation et de fait, "partir en fumée", mais cela doit alors se faire dans un lieu et dans un cadre "sacré" et ritualisé comme il se doit. 

Inconsciemment nous accordons tous un lien entre la mort et le cercueil. Nous pouvons donc en faire un petit. Sur un parchemin, nous pouvons, avec une encre "magique" (condensateur fluidique naturel = évitez les oxydes de plomb, d'antimoine, etc pour ne pas polluer l'environnement, c'est aussi cela le respect !) noter ce qui nous fait encore souffrir. Mettre des copies des photos de ces êtres qui nous manquent, ou simplement nous pouvons les dessiner. Puis, nous plaçons dans le cercueil le tout, nous refermons le couvercle avec trois clous ou trois bouts de papier adhésif (clouer à un fort aspect psychologique), et nous l'inhumons, l'immergeons, ou le brûlons dans un cadre cérémoniel, avec, selon votre tradition, des prières. Nous devons attacher à ces reliques notre sentiment de souffrance, de peine, de tristesse, de morosité. Nous devons enterrer ces poids émotionnels. Pour cela le rituel est nécessaire, l'ambiance magique aide énormément à cela. Nous devons avoir un lien émotionnel avec ce qui se passe lors du rituel. Vous pouvez vous habiller de noir aussi si cela vous aide.

Si vous inhumez, creuser aussi profond que vous ressentez que cela est nécessaire, et pensez à mettre une grosse pierre plate sur le tout après avoir rebouché. Vous pouvez fleurir la petite tombe, l’encenser, y verser de l'eau lustrale, ou la cire de bougie consacrée. Tout symbole sacré, gravé sur le couvercle, peint sur la Pierre etc est aussi souhaitable. Vous pouvez vous claquer sur les rituels religieux établis pour créer le votre et vous inspirer. 

Pour conclure, je dirais que si ce moment de l'année est si important par rapport à d'autres fêtes, c'est parce qu'il est chargé de tant de peine. Certes il y a le côté "monstre" et fantômes qui prime maintenant, mais au delà de cela, la dynamique inconsciente veut que nous nous rappelions ce qui n'est plus et ce que cela nous a apporté. C'est un grand moment de guérison de l'âme.

October 29, 2014

L'AlGeek et sa Quête.

Nous nous disons tous que la vie est trop courte (sauf pour de rares exceptions), et lorsque nous nous penchons sur le mystère de l'Alchimie, nous ne sommes pas certains de pouvoir en venir à bout.

Tel un défit, une quête vers l'inconnu, le parcours d'un labyrinthe semé d'embûches diverses et de zones inextricables et sombres, nous nous lançons dans un cheminement incertain, rempli de points d'interrogations.

Notre nature humaine aime les défis, elles aime vivre pour quelque chose. Nous avons besoin d'espoir, d'un but et d'une ligne directrice. Pour certains d'entre nous l'Alchimie prend beaucoup de place dans notre existence. Nous pourrions dire d'ailleurs que le terme "AlGeek" pourrait définir ces "geeks" d'un genre "philosophal".
Mais au delà de l'espoir, ce que nous aimons surtout, c'est avoir des certitudes. Et ces dernières ne sont pas si simple à acquérir. Le doute est toujours présent et les remises en questions constantes.

L'Alchimie est un domaine de confrontations, de réflexions mentales profondes, d'expérimentations pratiques poussées et répétées. Ce qui peut en rebuter quelques uns sur le sentier. Il y a en elle bien plus que ce que l'on peut s'imaginer de prime abord et la personne passant l'enceinte de la montagne sacrée ne s'imagine absolument pas tout ce qui sera requis d'elle pour réaliser sa quête. Nous ne savons jamais réellement ce pourquoi nous "signons". Surprises après surprises, découvertes après découvertes, nous nous disons que ces champs d'explorations recèlent bien des choses étonnantes que nous n'aurions jamais soupçonnés.



Nous ne savons pas comment notre quête pourra tourner. Car nous n'avons absolument pas la certitude que le but visé est *réellement* ce but là, que ce soit dans une expérience sur le court terme, voire sur le plus long terme. Difficile de penser qu'une expérience de transmutation archimique par voie humide pourrait découler sur un baromètre ... et pourtant c'est ce qui m'est arrivé. Mais passons. L'exemple nous dit que nous ne pouvons réellement imaginer tout ce qui pourrait se passer, nous ne pouvons pas tout prévoir, nous devons rester ouvert et attentif, et laisser la porte ouverte à ce qui est inconnu, non envisagé. Ainsi une expérience loupée devient une belle réussite dans un autre domaine ... maintenant je connais le temps qu'il fera grâce à la couleur de ma solution. Elle varie en fonction du degré d'ensoleillement !

Nous ne pouvons que tirer des conclusions basés sur l'expériences d'autres personnes, parfois la notre, et donc nous définissions une ligne directrice majeure qui tendrait possiblement vers le but le plus logique. Mais en Alchimie le plus logique tend parfois à quelque chose d'autrement plus logique : au delà de la nature logique de l'être humain, la sagesse et la logique de la Nature prend le relais. La Nature est la Nature ... elle a pied directement dans ses propres processus, nous, nous en sommes en parti coupé. C'est en cela que notre logique humaine n'est pas compatible avec l'Alchimie, Science et Art de Nature ... Comment aurais je pu prévoir que ma solution deviendrait un baromètre ? Aucune idée. Je n'ai pas assez de connaissances malheureusement. Je préfère donc rester surpris et humble.


Il n'y a que celui qui dépasse toutes les épreuves et qui finalement se rend au sommet peut dire en quoi consiste la quête ... Mais alors, est ce qu'il s'est rendu au sommet par lui même ou a t'il été porté par la Nature ? Un peu des deux je pense. Je pense que lorsque l'humain laisse la Nature pénétrer son esprit, il faut surtout qu'il y ait beaucoup d'espace dans son cerveau. Puis qu'il ait la patience d'un jardinier et qu'il cultive et laisse pousser les bonnes graines. En un sens, l'être humain ne serait qu'un "réceptacle à Nature". Il propose, elle dispose. Mais ce jardinier fais confiance au processus, il sait que s'il s'occupe comme il faut des graines, elles pousseront et donneront invariablement de beaux plants. Puis, des fruits. Qui eux même, selon la loi, donneront des graines en multitude, et encore et encore. Ce n'est certes pas une foi aveugle dont il est question, mais une réelle connaissance, une certitude basée sur un savoir.

Nous devons développer une intelligence très particulière, des facultés adaptées à ce travail. J'ai parlé de quelques unes d'entre elles ici sur ce blog comme la Vision Vierge et la Terre Vierge. Mais ce n'est, à mon sens que la partie émergée de l'iceberg. Il y a comme partout, des facultés spécifiques en fonction de chaque matière, science ou art sur cette planète et l'Alchimie n'y fait pas exception. Nos premiers outils sont souvent nos facultés. Non qu'elles soient obligatoirement innées pour réussir dans ce domaine, (ou plutôt fortement développées dès la naissance), mais elles demandent plutôt toujours une activation propre à les développer et à les entretenir sur le long terme.

Je ne pense pas qu'un Alchimiste soit plus intelligent qu'une autre personne. Je pense simplement qu'il va développer des facultés différentes. Le poisson nage, l'oiseau vole, le guépard court, la vache broute, le nuage flotte, le sprinteur coure, l'alpiniste grimpe, le mathématicien calcule, et l'Alchimiste alchimise ... Comparé à ses confrères humains, il n'est ni supérieur ni inférieur. Il est ce qu'il est. Il fait ce qu'il a à faire selon l'ordre de la Nature. Les facultés qui sont les siennes sont variées et concernent surtout des qualités de curiosité, de recherche, d'étude, d'humilité, de ténacité, de vision d'ensemble, de logique, d'intuition ... et il serait trop long je pense de toutes les énumérer ici.

Alors oui l'Alchimiste à ce petit côté "geek" et cela se comprend. Mais une quête est une quête ! Et c'est loin d'être quelque chose d'aussi irréaliste ou virtuel qu'une quête dans un jeu en réseau ou autre, il joue sa partie très sérieusement et avec détermination, car il sait que son travail peut réellement changer sa vie du tout au tout. De manière très profonde et durable. Et que le jeu en vaut réellement la chandelle.